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BLACKATHON

On est en août et je lance officiellement le Blackathon qui se tiendra tout le mois d’août. Il nous reste grosso-modo un mois de vacances alors profitons-en ! Le but : mettre en valeur des écrivains noirs qui m’ont tout l’air d’être des laissés pour compte dans les maisons d’éditions françaises ! #blackpeoplewritestoo

Comment ? En lisant un maximum de lectures écrits par des personnes noires : africains, afropéens, afro-américains, caribéens et j’en passe ! C’est un marathon alors il faut lire un max de livres avant la date butoir ! Pour ce faire je vous mets une petite liste de livre à lire :

  • Un roman de littérature générale
  • Un livre jeunesse (6-12 ans)
  • Un recueil de poésie
  • Un roman Young-adult
  • Un roman écrit par un.e auteur.ice africaine
  • Une oeuvre écrite par un.e auteur.ice caribéen.ne
  • Un roman écrit par une femme
  • Un roman qui se déroule dans un pays chaud (avec des personnages noirs hein !)
  • Une histoire qui se déroule au XIX ème siècle
  • Un roman qui a pour sujet le racisme
  • Un auteur ou une actrice primée
  • Un best-seller (pas obligatoirement en France)
  • Un roman policier
  • Un roman de science-fiction
  • Un roman anglophone
  • Une oeuvre engagée

Ce défi se tient du 1er au 31 août ! 1 point par livre lu.

Si vous n’avez pas d’idées de lectures pour pouvez en trouvez quelques-unes sur le blog évidemment, sur la chaîne Youtube Antastesia lit qui, il me semble a quelques vidéos consacrées à la littérature africaine mais aussi le compte Instagram Miss Afro_lectrice.

N’hésitez pas à me taguer sur les réseaux sociaux avec le #frenchblackathon ou #blackpeoplewritestoo je serai hypercontente d’aller voir vos publications !

3,2,1… C’est parti !

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Un auteur blanc ne peut pas écrire sur l’esclavage ?

Question qui semble faire débat depuis quelques semaines (voire mois) dans la sphère littéraire. Aussi je préfère vous donner mon opinion une bonne fois pour toute, et après je ne reviendrai plus dessus.

Pour être clair, ce n’est pas qu’un/e auteur/ice ne peut pas écrire sur l’esclavage, c’est que dans 97 % des cas ce sera mal fait (period). Je vous explique :

Tout est une histoire de biais. Des biais on en a tous. Certains sont ancrés en nous depuis petits et ça peut être difficile de s’en défaire. Quand vous allez commencer à écrire votre petits livres sur l’esclavage, combien même vous aurez fait des recherches en amont, certains biais vont ressortir. Parmi lesquels on compte :

  • Le White saviorism (un très gros complexe en France je trouve) : l’esclave ne sera libéré que quand il rencontrera un blanc (tiens tiens c’est bizarre) qui l’aidera dans sa quête inatteignable de la liberté. D’ailleurs une émancipation, ne peut pas se faire sans l’homme blanc. Et si émancipation il y a elle doit se faire en accord avec l’homme blanc.

  • Le Misérabilisme : un truc que je déteste peu importe le sujet abordé. Se servir d’un pattern pour faire pleurer dans les chaumières, inspirer la pitié, j’ai remarqué que c’est quelque chose qui plaît beaucoup au lectorat blanc. Et c’est d’ailleurs pour ça que ce sont principalement les livres qui parlent de racisme/de violences policières/d’injustice qui sont encensés par la critique. Sauf que pour beaucoup d’entre nous ce n’est pas de la fiction. C’est réel. Et ça fait peur.

  • La dimension de l’Autre. Vous allez très probablement le faire à un moment donné dans votre roman. Vous allez donc décrire une façon de manger qui n’est pas la même que la vôtre, des coutumes qui sont différentes de la vôtre, ses cheveux qui ne sont pas les mêmes que les vôtres (indomptable, incoiffable…)avec pour message « regardez il est différent mais ça ne me pose pas de problème ». Moi ça me pose un gros problème. Je ne suis pas cet Autre que vous décrivez. Le problème ici c’est que les personnes blanches sont décrites comme la neutralité ou la norme et les autres personnes populations c’est l’Autre. Cette dimension de l’Autre est généralement lié à l’Exotisme, notion souvent utilisée pour décrire un personnage. Un « il avait les yeux perçants » pour une personne blanche va devenir un « ses yeux étaient aussi profonds qu’une panthère en pleine concentration » (yeurk !). Si c’est une jeune femme vous allez l’assimiler à une gazelle pour souligner sa féminité (🙄), si vous souhaitez mettre en avant la force d’un homme vous parlez de l’agilité d’un guépard. C’est bon on en a marre en fait. On est des humains.On veut être décrit comme des humais.

Outre les raisons citées ci-dessus, il y a d’autres aspects qui me dérangent. Je trouve ça quand même interrogeant que parmi la MULTITUDE de sujets possibles certains veulent absolument se concentrer sur l’esclavage ! Qu’y gagnent-ils au final ? Vous avez un tel privilège que vous n’imaginez même pas que votre propre corps puisse être réduit en esclavage. Ni le vôtre ni celui de vos ancêtres. Vous êtes tellement éloignée d’une telle réalité qu’après on se retrouve avec des romans qui décrivent l’esclavage comme une aventure ! Hihi regardez ce jeune enfant qui fuit la violence extrême, la mutilation, les viols, les actes barbares, la déshumanisation il est si courageux vous ne trouvez pas !? Oh mon Dieu quel exemple, quelle belle histoire 😮 !

Et bizarrement, il n’y a pratiquement que des auteurs blancs qui sont encensés quand ils parlent d’esclavage ! Comme c’est étrange. Vous savez pourquoi ? Parce qu’on considère (et pas seulement en littérature) qu’une personne blanche est neutre/objective et donc qu’elle pourra mieux appréhender un tel projet puisqu’elle ne se laissera pas influencer par ses affects (ce qui est évidemment un biais raciste).

Mais aussi parce qu’à chaque fois qu’un auteur blanc publie une histoire sur l’esclavage, c’est un auteur noir qui n’aura pas la possibilité de le faire (un livre jeunesse qui parle de l’esclavage ? Ah non on a déjà ça en rayon !) Ça revient à ne pas nous laisser la possibilité d’écrire notre histoire avec des mots justes (cf point 1, 2 et 3 plus haut).

J’ajoute à tout ça que les écrits restent. Si les auteurs blancs continuent de décrire les noirs de façon péjorative combien même ce n’est pas intentionnel, ça va rester. Ça peut même se propager et ça va venir renforcer tous les autres livres qui ont été (mal) écrit auparavant. Et moi après j’aurai du mal à expliquer à ma copine pourquoi elle ne peut pas mettre sa main dans mes cheveux comme ça, parce qu’elle a envie. J’aurai des difficultés à expliquer aux inconnus que c’est discriminant quand on me dit que j’ai l’air sage et calme pour une noire, alors même que lesdites personnes pensaient me faire un compliment. Parce que tout ce vous lisez/voyez dans les séries et dans les iconographies va venir légitimer et soutenir ces pensées et ces actes.

C’est principalement pour ces raisons qu’on n’aime pas quand les auteurs blancs écrivent sur l’esclavage. Ça ne fait pas de nous des connasses pour autant (oui c’est totalement visé).

Il n’est même pas question d’interdit ici, et je trouve bizarre qu’une des populations qui a le plus de privilèges au monde se révolte dès qu’elle pense qu’on lui interdit quelque chose. On demande juste pour une fois une mise en retrait par rapport à un sujet qui nous concerne nous et pas vous, mais vous le prenez comme un affront, comme une restriction de votre sacro-sainte liberté d’expression. Pourquoi ?


Quelques ressources supplémentaires

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Jackpot de Nic Stone

Jackpot ça parle aussi de famille et de responsabilité, mais je vous invite à en découvrir plus dans le podcast juste en dessous 👇🏾



Quelques mots en plus sur Nic Stone, l’autrice. Elle est née à Atlanta en Géorgie et est également la rédactrice du roman Dear Martin, best-seller au États-Unis. Elle a écrit son premier roman en 2012 qui est inspirée de la trilogie Divergente de Véronica Roth, parce que dit-elle : « c’est la seule série de livres ayant des personnes noire qui survivent jusqu’à la fin de l’histoire ». Ses oeuvres sont traduites dans six langues.

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Comment décrire un personnage noir ?

Celui-là c’est pour mes amis écrivains ! Je vois régulièrement passer cette question, provenant en totalité de personnes non-noires. Comment décrire un personnage de fiction noir ? Quels mots utiliser afin de ne pas discriminer et ne pas être offensant ? Est-ce que c’est important de préciser la couleur du personnage même si cela ne joue pas dans l’intrigue ?

Eh bien, oui, c’est important ! Et tu comprendras pourquoi en lisant la partie « À propos » de mon blog. C’est important d’être représenté. Ne pas être présent en littérature, en cinéma ou peu importe l’art ça revient à nous effacer et à nous invisibiliser. Or nous sommes bien là, nous existons. En plus, ça joue d’une manière ou d’une autre sur l’inconscient collectif. Si si je vous assure.

Alors, comment fait-on pour décrire un personnage noir ?

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